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mardi 25 octobre 2016

25 octobre 2016, FranceAgriMer, Synthèse de l'audit sur la filière apiculture - les prémices d'un regain d'intérêts pour l'apiculture

Depuis quelques temps, nous pressentions un regain d’intérêts pour l’apiculture. La sensibilisation des médias sur les difficultés rencontrées par la filière apicole et sur la vulnérabilité des abeilles face aux pesticides déversés dans nos champs semble (même si d’autres causes sont probablement à l’œuvre) avoir eu pour effet d’amener de nouveaux adeptes à se lancer dans l’élevage et la protection de ce fascinant insecte.

La dernière étude sur la filière apicole française réalisée par FranceAgriMer en 2015 vient d'être publiée. Elle porte sur un observatoire de la production de miel et de gelée royale et donne une image de la situation quantitative de l’apiculture en France. Depuis le début des années 2000, ces études nous avaient habitués à une baisse du nombre d’apiculteurs & de ruches ainsi qu’à une baisse de la production, notamment de miel. Si cette dernière demeure sujette à des fluctuations importantes d’une année sur l’autre, les indicateurs sur les acteurs et sur le cheptel font apparaître une embellie, laissant présager d'un avenir plutôt positif pour la filière même si des difficultés non négligeables persistent.

Selon cette étude, le nombre d'apiculteurs est reparti à la hausse.
En 2015, nous étions 40.944 à détenir au moins une ruche. Soit une augmentation de 10% par rapport à 2014.
Si cette tendance à la hausse persiste, cela concrétiserait ce regain d'intérêt pour l'apiculture, et l'arrêt de la baisse du nombre d'apiculteurs en France.
Ces chiffres sont plutôt encourageants, car durant ces vingt dernières années, et jusqu'en 2014, la filière apicole n'a cessé de perdre ses apiculteurs. Leur nombre avait chuté à 37.193, en 2014.
Ils étaient 41.836, en 2010 ;  69.237 en 2004 & 84.215 en 1994.

Le nombre de ruches est, lui aussi, en augmentation même si ces données sont à relativiser par des pertes importantes chaque hiver compensées par l'augmentation globale du cheptel français au printemps.
A l'entrée de l'hiver 2014/2015, la France comptait 1.200.930 ruches. Soit une croissance de 21% par rapport au précédent hiver.
Là encore, la courbe semble s'inverser, puisque la France avait vu chuter son cheptel passant de 1.320.900 ruches en 2004 à 1.073.900 ruches en 2010.

En revanche, la production de miel est plus fluctuante. L'apiculture française peine à retrouver le niveau de ses productions antérieures.
Si 2015 a été une "très bonne année" voire une année exceptionnelle avec une production de 24.000 tonnes, 2014 n'avait produit que 13.000 tonnes et l'on sait que 2016 ne devrait guère dépasser les 10.000 tonnes.
Pour mémoire, la production était de : 18.330 tonnes en 2010 et 25.500 t en 2004.
Le rendement moyen national en miel, quant à lui, s’élève à 26,3 kg de miel produit/ruche en 2015, contre 16,2 kg/ruche en 2014.

En 2015, les apiculteurs disposant de moins de 50 ruches (apiculteurs de loisir & agriculteurs disposant d’un atelier d’apiculture en tant que complément à une autre activité) représentent 92% des apiculteurs français. En 2010, ces apiculteurs « familiaux » (disposant de 1 à 30 ruches) représentaient 89,3% (37.400 apiculteurs) de la profession.
Ils ont produit, en 2015, 25% du miel français.
Les apiculteurs avec plus de 150 ruches représentent 4,5% du total des apiculteurs en France (4% lors du dernier audit de 2010). Ils sont 1841 apiculteurs (1633 en 2010). La hausse du nombre de ces apiculteurs que l'on peut qualifier de professionnels est proportionnellement plus importante que celle observée pour l'ensemble de la filière.
Les professionnels assurent les deux tiers (64%) de la production de miel contre 25% pour les apiculteurs disposant de moins de 50 ruches.

mardi 18 octobre 2016

16 octobre 2016, le lierre et l'abeille, une belle histoire d'amours automnales


Fleurissant de septembre jusqu'en novembre, le lierre procure à de nombreux insectes et notamment aux abeilles leurs ultimes ressources alimentaires avant l’hiver.
La fleur du lierre produit en abondance du pollen et du nectar.
Les fruits, quant à eux, mûrissent en février, mars. Ils sont alors une précieuse ressource alimentaire pour de nombreux oiseaux souvent affaiblis par la disette hivernale. Pour l’homme, ses bais sont toxiques.
Souvent, les jardiniers cherchent à se débarrasser du lierre, accusé d’étouffer les arbres sur lesquels il grimpe.
Cette réputation est injustifiée. Le lierre puise ses ressources dans le sol grâce à de profondes racines. Ses racines aériennes n’ont aucune fonction absorbante, elles lui servent seulement à s'agripper : contrairement à une idée répandue, le lierre n’est pas une plante parasite. Le lierre est à protéger ! Il abrite, nourrit et protège toute une faune.



samedi 24 septembre 2016

24 septembre 2016, sauvetage inespéré d'une colonie pillée.

Suite à l'épisode de sécheresse que nous avons eu cet été, et qui d'ailleurs perdure encore malgré les dernières pluies, une de mes colonies avait considérablement diminué sa population. J'ai fait le choix de ne pas la réunir avec une autre colonie mais de la placer dans une ruchette tout en la laissant au rucher principal qui regroupe une trentaine de colonies. Première erreur !
Lors du nourrissement qui a suivi, ce qui devait arriver arriva malgré les précautions que j'avais prises de réduire à trois trous l'entrée et de nourrir systématiquement à la nuit tombée. Au matin, ma ruchette était en train de copieusement se faire piller. Deuxième erreur !
Dans une telle situation et face à autant de pilleuses, en principe, la reine et sa colonie succombent. Je me suis dit, perdue pour perdue autant tenter l'impossible. Après une brève hésitation, j'ai obturé l'entrée, empêchant les pilleuses d'y accéder mais également les empêchant d'en sortir.
J'ai pris ma ruchette et l'ai placée dans l'obscurité et au calme durant 48h tout en y rajoutant du sirop.
Deux jours plus tard, à la nuit tombée, je suis allé installer ma ruchette dans un rucher bien plus petit.
Quelques jours après, je suis allé voir le résultat. Non seulement la reine avait survécu mais en plus la population avait très nettement augmentée, renforcée par les pilleuses. A ce jour, RAS, la reine a repris sa ponte et la colonie est très active.
Avant cette tentative désespérée, je n'imaginais pas pouvoir sauver ainsi une colonie du pillage.

jeudi 8 septembre 2016

8 septembre 2016, premier bilan de cette année apicole

Avec septembre, l'année apicole touche à sa fin et un premier bilan s'impose. Il n'est pas brillant, c'est le moins que l'on puisse dire. Après l'enthousiasme à la sortie de cet hiver exceptionnellement doux accompagné de colonies fortes prêtes à remplir les hausses de nectar qui me permettait d'escompter une belle récolte, ce fut la désillusion.
Déjà, fin mai, je faisais le constat d'un printemps pourri sans miel à récolter. J'orientais mon espoir sur une récolte pour la fin de l'été début automne. C'était sans compter sur l'un des étés les plus secs que nous ayons eu. Il n'a pratiquement pas plu depuis juin. La campagne est désespérément sèche, brûlée par le soleil. Les arbres jaunissent et, phénomène que je n'avais jamais encore observé, les chênes les plus vulnérables meurent littéralement.
J'ai retiré les quelques hausses que j'avais laissé sur les colonies les plus fortes pour ne récolter que quelques kilos de miel. Et j'ai traité les ruches par la pose de lanières Apivar (traitement contre le varroa, acariens parasites des abeilles). D'ailleurs j'ai commis l'erreur de ne pas traité avant car j'avais encore l'espoir d'une récolte. J'ai ainsi perdu plusieurs colonies qui se sont effondrées.
Les essaims artificiels que j'ai faits et l'élevage de reines devrait me permettre de maintenir mon cheptel voire de l'augmenter légèrement (ça je le saurais d'ici peu de temps).

Quant aux colonies, leur activité est bien faible. Dans certaines ruches, les reines ont stoppé la ponte. J'ai donc décidé de nourrir au sirop. Chose surprenante, elles arrivent à dénicher des fleurs puisqu'elles rentrent du pollen, surtout en matinée. Mais les réserves sont maigres dans les ruches et bien inférieures à ce qu'elles étaient l'an dernier.

Pour discuter avec d'autres apiculteurs, bien plus expérimentés que moi, la situation est tout aussi difficile pour l'ensemble de la filière apicole. Certains n'ont récolté que la moitié voire un tiers d'une récolte normale. Je ne suis donc pas le seul dans cette situation. Bien maigre consolation...

2016 s'oriente donc pour être une année "blanche".