Lors de ces deux journées, j’ai pu effectuer la
visite de printemps de l’ensemble du rucher. Pas de vent, un beau soleil dans
un ciel azur et une température avoisinant les 14° à 15° à l’ombre, deux
journées idéales pour effectuer cette visite des ruches qui demande à
l’apiculteur de s’attarder un peu plus que d’ordinaire sur ses colonies.
Sur les 29 ruches que j’avais avant l’hiver, 26
sont belles voire très, très belles, populeuses et certaines au bord de l’explosion
si je peux m’exprimer ainsi.
Concernant les pertes, je peux les évaluer à près
de 3 colonies. Je suis à peu près sûr d’en avoir perdu une qui était trop
faible, qui s’était faite piller, et que j’ai tenté de mettre en ruchette.
La visite m’a permis de déceler une colonie bourdonneuse (c’est une colonie qui a perdu sa
reine et qui ne produit que des mâles). Je verrai si j’arrive à la remérer sinon
elle sera aussi perdue. Quant à la troisième, il s’agit d’une colonie visitée
le 24 février très, très faible. Une prochaine visite m’indiquera si je peux ou
non la sauver.
Je démarre la saison avec 26 ruches en activité
plus deux que j’ai récupérées, début février, chez un apiculteur qui devait quitter la région, soit avec un total de 28. C’est
pour moi une belle réussite.
J’ai pu, d'ores et déjà, mettre une hausse sur 10 des
plus belles colonies. En fonction du temps à venir la pose des autres hausses
suivra.
L’objectif de ces visites, pour celles et ceux qui voudrait
en connaître les détails, est de contrôler si la colonie a bien passé l’hiver et
à quel niveau de redémarrage elle se situe.
Dès l’ouverture de la ruche, après avoir retiré le
toit et le couvre cadre, l’apiculteur peut déjà se faire une idée de la vigueur
de sa colonie (si elle est populeuse) et de son état sanitaire (pas d’odeur
suspecte, pas de moisissure, des cadres en bon état, etc.). Le fait de voir des constructions de cire sur et entre les cadres (que l'on appelle ponts de cire) est déjà un bon indicateur d'une probable "urgence" à mettre une hausse.
La visite va consister à visiter tous les cadres,
les uns après les autres. On commence toujours par retirer un cadre de rive
(c’est-à-dire un cadre qui se situe sur l’une des deux extrémités). Je commence
par le côté droit, une habitude que j’ai prise. Pour cette manipulation, je
positionne une ruchette (trou de vol fermé) à la
droite de la ruche visitée. Ainsi, les trois premiers cadres retirés seront mis dans cette ruchette.
Cela évite aux abeilles de tomber sur le sol, de trop refroidir le couvain s’il
y en a sur ces premiers cadres retirés et surtout évite la chute de la reine si
elle devait se trouver sur l’un de ces cadres (ce qui pourrait lui être fatal).
La visite peut commencer, dans l’ordre des cadres
retirés :
- Je vérifie les réserves de miel (toujours en
rive) et s’il y a stockage de nectar (miel frais non operculé) ce qui signifie
que la miellée a commencé. C’est à dire que les butineuses ont débuté leur
travail. En fonction de l’importance des cellules affectées à cette collecte et
la place libre disponible pour son stockage, ce contrôle va me permettre
d’évaluer l’ampleur de la miellée. C’est l’une des deux indications qui suggère
la pose d’une hausse. Car si les butineuses n’ont plus de place pour stocker le
nectar, elles vont empiéter sur la place affectée au couvain, privant ainsi la
reine d’espace de ponte…
- Arrivent les cadres de couvain. C’est
l’étape la plus importante de cette visite. En effet, la présence de couvain
frais et operculé en abondance, bien compact, est le signe que la reine est
présente (je ne m’attarde pas trop pour la chercher) et qu’elle est active. Je
contrôle s’il y a des œufs, seuls et bien logés au centre de leur cellule, afin
de confirmer ma première impression. Le nec plus ultra et atteint quand je vois
la reine, c’est toujours un vrai bonheur. Je vois le nombre de cadres de
couvain présents et j’évalue la place qu’il reste à la reine pour sa ponte. C’est la seconde indication suggérant la pose de la hausse, pour ne pas dire LA
principale indication. Si la reine n’a plus de place pour sa ponte c’est l’essaimage
quasi assuré !
- Si la colonie a passé l’hiver sur moins de 12
cadres, donc avec une partition et selon sa puissance, je retire la partition et
positionne des cadres gaufrés pour combler le vide.
- Je poursuis ainsi la visite de la ruche. Si la
colonie a passé l’hiver sur 12 cadres, je
remplace deux cadres anciens par deux cadres neufs gaufrés que je positionne
soit en rive de couvain (manque de
place pour la ponte) soit en rive de la ruche selon les besoins.
- Je positionne une hausse sur les colonies
les plus fortes et qui le nécessite.
- Enfin, une fois la ruche fermée, je note toutes mes observations (par exemple, état des réserves, état du couvain, présence de la reine, de mâles... et quelques indications sur le futur travail à effectuer sur cette ruche).